La voiture électrique une réelle solution ?

Jody Horcholle

1. Un avantage certain…

Bien qu’elle n’émette pas de C02 en circulant la voiture électrique n’est pas sans polluer. Ce gaz à effet de serre constitue un repère pour mesurer l’impact écologique d’un moyen de transport. Le CO2 n’est pas à proprement parler un polluant.

Dans un avis de l’ADEME d’avril 2016, il est indiqué que « Le véhicule électrique consomme moins d’énergie qu’un véhicule thermique en fonctionnement car sa chaine de traction présente un excellent rendement énergétique. Malgré cela, sur l’ensemble de son cycle de vie, la consommation énergétique d’un véhicule électrique est globalement proche de celle d’un véhicule diesel. ».

Toujours, selon l’ADEME « sur l’ensemble de son cycle de vie, le véhicule électrique émet moins de gaz à effet de serre qu’un véhicule thermique. Le véhicule électrique permet ainsi de réduire la contribution de l’automobile au réchauffement climatique

L’un des avantages du véhicule électrique se trouve donc dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L’utilisation du véhicule ne répond pas à tous les besoins. Il est particulièrement adapté à partir d’un kilométrage quotidien et pour une fréquence d’utilisation permettant d’amortir l’investissement initial

2. Mais des inconvénients certains…

Le véhicule électrique a des impacts négatifs sur l’environnement, majoritairement durant sa phase de fabrication

La production des véhicules électriques et de ses indispensables batteries, nécessite l’extraction de métaux rares, provenant essentiellement de la Chine (95 % du marché des terres rares), mais aussi de la Malaisie, de l’Indonésie, de l’Afrique du Sud et de l’Amérique du Nord.

Les batteries lithium-ion très lourdes, équipent la plupart des voitures électriques. Elles sont composées à 80% de nickel, à 15% de cobalt, à 5% d’aluminium, mais aussi de lithium, de cuivre, de manganèse, d’acier ou de graphite. Pour obtenir ces métaux les usines chinoises polluent leur sol. Leur production utilise des méthodes très peu respectueuses de l’environnement. La République Démocratique du Congo possède la moitié des stocks de cobalt. Des enfants travaillent dans les mines.

En France, l’énergie électrique est principalement produite par les centrales nucléaires. Cette production énergétique n’est guère plus propre sur le plan environnemental que les énergies fossiles.

3. Le Recyclage des batteries lithium

Ce sont les batteries au lithium qui sont exploitées dans les voitures électriques.

Le lithium est un métal qui attaque les tissus organiques.

Des fours à 500 degrés sont employés pour transformer les cellules des batteries. Les cellules sont débarrassées de leur enveloppe et les éléments quelles contiennes deviennes des oxydes. Le produit de la première étape va être soumis à une seconde opération. Des matières vont être extraites pour donner des poudres et lingots de cadmium, nickel, cobalt, cuivre, aluminium, terres rares et lithium dont la pureté est adaptée aux acheteurs.

Les fumées des fours sont traitées pour ne pas engendrer de pollution. 2% de déchets du recyclage ne peuvent être traités et vont être enfouis. Une faible quantité de cadmium est rejetée dans l’air et bien inférieure à ce qui est autorisé.

Avec le temps la fabrication de nouvelles batteries à base d’anciennes recyclées devrait se développer pour faire face à un marché croissant. Une autre solution envisagée consiste à utiliser les batteries usagées pour d’autres applications.

Il est encore difficile de recycler convenablement le lithium.

Selon une Directive européenne, la filière recyclage doit s’assurer de recycler au moins 50% des composants des batteries de véhicule électrique. Seulement 50% du poids moyen doit être recyclé. Il est possible de faire bien plus

Sur les premières générations de batterie, avec des batteries composées avec plus de 30% cobalt, les constructeurs pouvaient tirer un profit du recyclage.

Dans les nouvelles batteries composées notamment par 4% de cobalt et 2% de lithium, le coût du recyclage ne compense pas le produit tiré de la revente de ces matières.

Toutefois l’augmentation du prix de ces matières premières pourrait changer la situation.

4. Un marché en très forte croissance

Fin 2017, la France comptait 150.000 véhicules électriques, soit 1,2 % du parc automobile. Le marché est en plein essor avec un taux de croissance moyen de 20 % par an sur les deux dernières années. En 2017 la France a enregistré plus de 30.000 nouvelles immatriculations.